Un exemple: Comment prélever un buis.

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Un exemple: Comment prélever un buis.

Message  Horai le Sam 28 Avr - 17:00

Konbanwa!

CET ARTICLE EMBRYONNAIRE SERA COMPLETE PAR DES PHOTOS. SOYEZ PATIENTS!

MAIS VOUS POUVEZ LIRE LE TEXTE!!!!


Eh bien voilà ! Pour illustrer (partiellement s’entend, ce n’est pas une Encyclopédie) l’ article sur le yamadori, je me propose de vous faire partager ma passion : le Yamadori « Voie de la montagne » en Japonais, plus prosaïquement le prélèvement. Je décrirai donc celui du Buis. C’est une espèce que j’aime beaucoup et que je réussis assez bien. Mon expérience est récente pour cette espèce. Mais la méthode, valable pour beaucoup de feuillus, persistants ou non, a été éprouvée depuis que j’ai été initié à cette technique (1984).

Je n’expose pas ici les lois, règlements, déontologie et éthique écologique.

I –LE MATERIEL.
Pour réussir unYamadori, il faut être bien équipé. Je donne une liste non exhaustive :
-Une grosse pioche de terrassier
-Une bêche en acier, avec la lame bien affûtée (tranchante comme une hache)
Ces deux gros outils de base devront être équipés de manches en fibre de verre. J’ai cassé au début de mes prélèvements deux manches de pioche et un manche de bêche (en bois).
Ces deux outils servent beaucoup de levier et sont soumis à une contrainte intensive en terrain difficile
- -Une hachette (avec manche fibre de verre)
- -Une barre à mine de 1m
- -Une barre à mine de 2m
- -Un gros sécateur (à longues branches)
- -Un petit sécateur
- -Une petite scie pliable à élaguer (pour les branches)
- -Une autre petite scie (pour les racines , elle s’use assez vite selon les espèces et le terrain, cailloux etc
- -Une scie à bûches petit modèle pour les grosses branches.
- -Quelques gouges à bois, plates, en V, en U.
- Cutter, Couteau à greffer.
- -Une petite pelle plantoir, pour creuser sous le pain racinaire
- -Une ou deux griffes en acier (J’ai une préférence pour les WOLF à manche amovible)
- -Des serpillières humides
- -Un Vaporisateur
- -Un rouleau de ficelle
- -Des sacs en plastique pour gravats (solides)
- -Un sac plein de sphaigne humide, bien essorée.
- -Un bidon de 5 litres d’eau.
-
Avec ce matériel nous sommes en mesure de prélever des arbres ayant un tronc de
10 à 20 centimètres de diamètre, poussant en terrain meuble, à moyennement meuble.

Pour des arbres plus gros il faut s’équiper d’un tire-fort, de câbles et cordes très résistants pour faciliter la tâche.
La suite: Les photos de l'accessoire capital pour une grosse extraction arrivent.

Voici la suite du post sur le Yamadori de buis!
En complément du dernier paragraphe sur les grands moyens à utiliser, voici l'illustration avec un tirefort.


Voilà le buis "résistant"!
Et voilà la réplique! (Mais en douceur! Comme vous pouvez voir le buis est orangé, de la situation de stress vécue pour cause de froid et de sécheresse cette année là!
II- PREPARATION AU PRELEVEMENT DANS LES MOIS OU ANNEES QUI PRECEDENT
Pour le prélèvement, il existe deux méthodes :

A/ Prélever sans préparation.
A l’époque du prélèvement et selon les espèces, que ce soit à l’automne (après la chute des feuilles pour les caducs en général et après quelques pluies automnales) ou au printemps, lorsque les bourgeons commencent à gonfler, conifères certains caducs et le buis (et après quelques pluies printanières aussi), il est possible de prélever un feuillu, un conifère, ou un persistant sans aucune préparation à trois conditions sine qua non :

- Le terrain est meuble,
- L’arbre convoité a un système racinaire suffisamment dense (avec ou sans pivot),
- L’arbre est en bonne santé, vigoureux et présentant un potentiel correspondant à un projet réalisable.

B/ Préparer le prélèvement pour l’année,( voire les 2 ou 3 années suivantes) en travaillant simultanément la partie aérienne et souterraine.

Un terrain difficile, rochers, éboulis, sablonneux, en pente etc. peut avoir une influence néfaste sur les critères favorables au prélèvement cités précédemment.


-Racinaire inexistant à la base du tronc émergeant de la surface du sol et suivi d’une longue racine unique sans division en radicelles fines.
- Arbre faible, en phase de survie, sans vigueur apparente.
- En conséquence souvent, un arbre qui ne présentera pas un potentiel souhaité pour devenir un beau bonsaï.
Cependant, si malgré les conditions difficiles du terrain et un système racinaire insuffisant l’arbre présente un profil très intéressant, nous pouvons par quelques opérations simples, améliorer son potentiel et faciliter son prélèvement futur.
a) Afin de densifier la partie aérienne et provoquer un bourgeonnement intensif sur le tronc, nous taillerons toutes les branches inutiles, branches montant à la verticale (gourmands), branches croisées sur le tronc, branches inesthétiques, trop grosses etc. Conserver tout de même certaines ramifications pour les JIN.
b) Afin de densifier le réseau racinaire, pratiquer deux opérations
.1- La première (sur un tronc au niveau du nébari) démuni de racines, dégager tout le substrat qui entoure le tronc sur un diamètre d’environ 20 à 30 cm autour et au niveau voulu du tronc ou nous souhaitons avoir des racines pratiquer quelques incisions à l’aide d’une gouge ou d’un cutter.
Humidifier la coupe à l’aide du vaporisateur, saupoudrer d’auxines (hormones de bouturage) et combler la cuvette creusée en ôtant le substrat, par un mélange de pouzzolane, pumice et sphaigne proportions 30/50/20.


2- La deuxième (sur des racines radiales au tronc) et dépourvues également de radicelles à une distance de 20 cm du tronc). Couper au sécateur, à 20 cm du tronc une racine sur deux(par sécurité), après les avoir bien dégagées dans une tranchée de 20 cm de large. Inciser la partie vivante jusqu’au bois soulever quelques lamelles d’écorce, et après les avoir humidifiées à l’aide du vaporisateur, saupoudrer d’auxines (hormones de bouturage). Glisser la racine dans un sac de congélation moyen modèle perforé sur toute la surface et remplir ensuite (avec précaution pour ne pas briser les lamelles d’écorce) le sac du même mélange que celui placé autour du tronc( pouzzolane, pumice et sphaigne proportions 30/50/20) Arroser copieusement à l’intérieur du sac à l’aide du vaporisateur . Attacher l’ouverture du sac sur la racine au niveau du tronc. Recouvrir avec la terre d’origine. Arroser

Nota : Nous préparons une racine sur deux en cas d’échec d’émission de racines. Si la première opération réussit, le sac est plein de racines enroulées. A ce moment là nous traitons les racines qui présentent le même défaut de radicelles. Si elle ne réussit pas, les racines laissées intactes continuent de faire vivre le buis En général, au bout de la deuxième année, le tronc a émis des racines à l’endroit souhaité et les sacs sont pleins de racines.

Si les premières opérations échouent au bout d’un an, recommencer.

III –DETERRER L’ARBRE.

Si ces opérations de préparation sont positives, ou si nous nous trouvons dans le premier cas, une situation favorable,à la fin de l’hiver suivant (FEVRIER), nous pouvons déterrer l’arbre. Toujours en respectant l’époque propice, et après une période pluvieuse, par une journée humide, ou par temps couvert .Eviter une journée chaude. L’arbre aura ainsi absorbé une bonne dose d’eau, aura des réserves, et le risque de dessèchement des radicelles sera atténué.
A/ Creuser autour du tronc, en s’aidant de la pioche et de la bêche une tranchée circulaire avec un diamètre de deux fois la longueur de la branche la plus longue et à l’aplomb de celle-ci.
B/ Arrivés au niveau des racines radiales ou des sacs contenant les racines, incurver l’angle de dégagement de la motte, en creusant vers l’axe du tronc, jusqu’à trouver le pivot, s’il y en a un.
Si cela est le cas, le trancher à l’aide de la scie, ou du sécateur à longues branches.
Cet arbre avait été taillé (partie aérienne) deux ans auparavant. Comme le racinaire était excellent, il n'y a pas eu de marcotte de racines. Ce buis est actuellement en pleine terre dans mon jardin. Il a été prélevé en novembre 2008.

IV – L’EMBALLAGE.

Dégager l’arbre, étaler des serpillières, poser la motte dessus, la couvrir de sphaigne humide, relever les serpillières sur la motte, ficeler. Arroser éventuellement les serpillières. Glisser la motte ainsi emballée dans le sac à gravats en plastique pour éviter la déshydratation.

V –LE TRANSPORT.
Il devrait s’effectuer dans les délais les plus brefs, du lieu du prélèvement jusqu’au lieu de plantation.

VI –LA MISE EN CULTURE

Un yamadori ne va jamais dans un pot à bonsaï tout de suite.

Deux possibilités : La culture en pleine terre, ou la caisse de culture.

A / La culture en pleine terre :

Nous creuserons une cavité d’un diamètre supérieur à 30 cm par rapport à celui de la motte. Dans le fond du trou, nous étalerons une couche de 10 à 15 cm de pouzzolane gros calibre 20 à 30mm. Ensuite nous déposerons une couche du mélange suivant : Pouzzolane 40% Pumice 30% Ecorce de pin 20% Sphaigne 10%.
Nous retirons les poches en plastique des racines (si c’est le cas) et nous posons la motte sur le mélange cité précédemment.
Nous rectifions le niveau de la plantation, pour que le nébari ne soit pas trop enterré.
Nous complétons avec le substrat Pouzzolane, pumice, écorce, sphaigne.
Nous arrosons copieusement.
Nous recouvrons de mulch (écorces de pin ou éclats de bois divers) la surface de l’excavation.

B / La caisse de culture.
Elle peut être en bois (planches, ou morceaux de palettes assemblés), en plastique, en fibre de verre etc,.
Impérativement elle doit avoir des trous de drainage et une circulation de l’air entre le fond et le sol (cales).
Elle doit avoir des dimensions supérieures de 20 à 30 cm de plus que celles de la motte.
Pour le reste, même procédure que pour la plantation en pleine terre.

VII – LES SOINS

Les yamadori de buis doivent être traités comme tout arbre récemment rempoté. Les buis sont robustes, mais dans le cas d’une plantation en pleine terre, il vaut mieux leur procurer un léger ombrage et les protéger des vents pendant les deux premiers mois ensuite ce n’est plus nécessaire. Dans le cas de la plantation en caisse nous placerons cette dernière près d’un mur orienté Nord Est pour que le buis profite du soleil du matin (avec protection du vent bien sûr), pendant deux mois. Ensuite habituer progressivement l’arbre au soleil direct, en veillant à garder le substrat humide. Commencer à donner de l’engrais (organique) à partir de l’apparition des jeunes bourgeons, pas avant.
Culture en pleine terre ou en caisse pendant minimum deux ans !

VIII- LE BONSAÏ

Après deux ans de culture en caisse ou en pleine terre, traiter le buis comme tout bonsaï qu’on rempote, en respectant les besoins caractéristiques de l’espèce.

Bon Yamadori ! Bonne culture !

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Horai

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